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La plus grande menace qui plane sur la culture canadienne…

Aujourd’hui j’aimerais partager avec vous ce que je considère être une des plus grandes menaces à laquelle la culture canadienne doit faire face.

Quelle est cette menace? La non-pertinence numérique. Comment pouvons-nous faire face à cette menace? En balançant littéralement tout ce que nous avons dans le monde numérique, pour voir si ça colle, puis recommencer à nouveau.

Pourquoi est-ce si important que nous faisions ceci dès maintenant, plutôt qu’après avoir fignolé une étude de faisabilité pendant des mois et des années pour nous assurer que nous le ferons correctement? Parce que d’ici à ce que nous complétions des études de faisabilité, le monde numérique aura changé, et notre projet sera déjà dépassé. Quiconque a déjà pris part à un projet aussi simple que la mise à jour d’un site Web corporatif sait que, la journée après avoir terminé, le patron souhaiterait que le nouveau site Web incorpore la nouvelle fonctionnalité très tendance. , mais celle-ci n’a même pas été prise en compte dans le processus de développement, parce qu’elle n’existait tout simplement pas il y a quelques semaines ou quelques mois, au moment de planifier la mise à jour…

Trouvez une idée. Mettez-la en œuvre maintenant. Vous poserez des questions plus tard. Si vous échouez, c’est un apprentissage important en soi. Si ça réussit : tant mieux. C’est le moment de passer à l’idée suivante. Continuez à répéter ce processus jusqu’à ce que vous teniez l’idée de génie, l’idée qui vous permet de placer la culture canadienne fièrement sous les feux de la rampe à la place d’honneur, comme nous venons de le faire avec l’application mobile L’Académie des as du Musée de l’aviation et de l’espace du Canada, qui met en valeur notre riche collection d’aéronefs de la Première Guerre Mondiale auprès de dizaines de milliers d’utilisateurs dans plus de 130 pays à l’heure actuelle. Ah oui : c’est le moment de recommencer à nouveau avec une autre idée…

Pourquoi est-ce que négliger de procéder ainsi – et de multiplier la cadence par cent, par mille, par millions – constitue une menace à la culture canadienne? Parce que le monde numérique est vaste. Chaque jour, la quantité d’octets de nouveau contenu produit sur Internet est supérieure au nombre de paroles proférées par l’humanité toute entière depuis le premier grognement intelligible de notre lointain ancêtre primordial. Si la portion de la culture canadienne qui est la vôtre ne fait, ni ne prend, la place qui lui revient dans l’univers numérique, si elle n’est pas là la prochaine fois que quelqu’un au Maroc, ou au Cambodge, cherche de l’information sur, par exemple, Alexander Graham Bell, ou encore Bombardier sur son téléphone intelligent, quelqu’un d’autre racontera votre histoire à votre place. Ce sera peut-être la BBC, ce sera peut-être Le Figaro, mais dans tous les cas, il y a fort à parier que leur version de l’histoire ne sera pas celle que vous avez à raconter, et que ces histoires ne seront pas racontées de la manière dont nous les raconterions, avec notre propre voix.

Le monde change, et nous devons nous adapter. Si j’observe mes propres enfants, je constate que s’ils n’entendent pas parler de quelque chose sur twitter, ou facebook, ou YouTube, alors ils n’en entendent tout simplement pas parler, et ce « quelque chose » pourrait, à toutes fins pratiques, ne pas exister que ça ne ferait aucune différence pour eux. Songez à combien de gens de moins de 30 ans aujourd’hui obtiennent toutes leurs informations, tout leur divertissement, par le biais d’Internet et des réseaux sociaux. Projetez-les dix ans dans le futur, et il y a de bonnes chances que leurs enfants ne se rendent pas à la bibliothèque du quartier pour faire des recherches pour leur projet scolaire. Continuez à vous projeter dans l’avenir de décennie en décennie, et vous comprendrez que si vous ne balancez pas tout ce que vous avez dans l’univers numérique dès maintenant, c’est peut-être vous qui n’existerez plus alors…

C’est pour cette raison que nous nous engageons résolument dans la numérisation du contenu de nos musées, sous diverses formes : nous avons déjà réalisé une application mobile, L’Académie des as, pour le Musée de l’aviation et de l’espace du Canada, et nous en prévoyons déjà deux nouvelles pour le Musée de l’agriculture et de l’alimentation du Canada et le Musée de la science et des technologies du Canada. Nous avons partagé la base de données de notre collection sur le portail de données ouvertes du Gouvernement du Canada. Nous explorons activement les usages que nous pouvons faire de l’imprimerie en trois dimensions. Et ce n’est que le début.