Les deux grands ont réalisé la plus grande part de l’exploration et de la navigation spatiales depuis le lancement en orbite de Spoutnik il y a 58 ans. Depuis lors, plus de 70 pays sont venus se joindre aux États-Unis et à l’URSS, maintenant la Russie, en envoyant dans l’espace des satellites, des engins spatiaux ou des astronautes. En 1962, le Canada est devenu la troisième nation derrière l’URSS (1957) et les États-Unis (1958) à lancer en orbite autour de la Terre des satellites construits au pays. Au lieu de motiver son entrée dans l’espace par une surenchère de la rivalité qui a animé les deux superpuissances, le Canada a considéré l’espace comme un habitat pour des satellites de communications destinés à relier l’est à l’ouest, et le nord au sud du pays dans le deuxième plus grand territoire national au monde. La commodité et l’utilité des communications par satellite pour le Canada deviennent encore plus manifestes étant donné que la population relativement peu nombreuse du pays se répartit dans une zone géographique comparativement beaucoup plus vaste. Le Canada se situe au 37e rang mondial pour la taille de sa population avec une moyenne de quatre habitants par kilomètre carré, ce qui représente la deuxième plus faible densité de population de tous les pays développés.

Tout comme nous avons collaboré avec les États-Unis dans le mégaprojet de construction de la Voie maritime du Saint-Laurent durant les années 1950, nous avons aussi travaillé avec nos voisins américains dans le cadre du lancement de nos satellites. Notre premier satellite, conçu et construit par des scientifiques et ingénieurs canadiens, était le satellite de recherche atmosphérique Alouette.

Alouette et d’autres satellites canadiens de la première époque ont sondé la haute atmosphère dans le but de vérifier si elle se prêtait bien à l’envoi et à la réception de signaux de communication. Le Canada a lancé Anik A1 en 1972, et est ainsi devenu le premier pays à disposer d’un système intérieur de communications par satellite. Quatre ans plus tard, il a lancé le satellite Hermes, le système de communications le plus puissant de l’époque, et le premier à permettre la transmission d’émissions de télévision directement aux résidences munies d’une antenne. Hermes a même été de la partie en 1979 pour la diffusion des éliminatoires de la Coupe Stanley aux diplomates canadiens en poste au Pérou!

Parallèlement à ses réalisations dans les technologies de communications par satellite, le Canada s’est depuis longtemps hissé au rang de chef de file dans le domaine des orbiteurs d’observation de la Terre. Notre premier satellite de télédétection, RADARSAT-1, lancé en 1995, et son successeur, RADARSAT-2 (2007), sont de conception et d’exploitation canadienne. Les satellites Swarm de l’Agence spatiale européenne, CLOUDSAT et TERRA de la NASA, et Odin de la Suède sont des engins spatiaux internationaux auxquels nous avons collaboré ou qui sont dotés d’instruments canadiens. L’un des principaux volets de la stratégie spatiale du Canada concernant des projets et des programmes consiste à collaborer avec d’autres pays actifs dans l’espace. Ces partenariats mutuellement avantageux, qui réduisent les risques et les coûts des missions, produisent également des synergies en matière d’expertise spatiale, d’innovation et d’activités scientifiques et technologiques.

Au cours des années 1960 et 1970, la société canadienne Héroux inc. (aujourd’hui Héroux-Devtek) de Longueuil, au Québec, a construit les trains d’atterrissage des modules lunaires d’Apollo. Nous pouvons être fiers du fait que les pieds mécaniques de Héroux, conçus et fabriqués par des Canadiens, ont touché la surface de la lune quatre heures et trente-neuf minutes avant que Neil Armstrong sorte du module lunaire d’Apollo 11 pour faire ce « grand pas pour l’humanité »!

Les éléments robotiques mis au point et construits au Canada ont joué un rôle crucial dans le succès du programme américain des navettes spatiales et de la Station spatiale internationale (SSI). Le Canadarm a exécuté des travaux inestimables sur les navettes américaines, comme le lancement en orbite de nouveaux satellites, l’arrimage d’autres satellites qui nécessitaient des réparations en orbite, et l’assemblage dans la Station spatiale internationale. Le Système d’entretien mobile, de conception canadienne, un ensemble complexe d’éléments robotiques sur la SSI, comprend trois composants principaux : le Canadarm 2, un bras robotique de 17 mètres de longueur qui a joué un rôle crucial dans l’assemblage et l’entretien de la SSI; Dextre, le « robot bricoleur » à deux bras que les astronautes et les cosmonautes utilisent pour manipuler des objets délicats, et retirer ou remplacer des composants de la SSI; et la Base mobile, qui est à la fois une plateforme de travail et un poste d’entreposage. Le Canadarm, qui a volé à bord de la navette spatiale Endeavour, est exposé au Musée de l’aviation et de l’espace du Canada. Au fait, le Musée présente également l’exposition interactive Vivre en orbite : la Station spatiale internationale qui raconte la vie quotidienne à bord de cette merveille de la technologie et qui invite les visiteurs à faire l’expérience de maints aspects de la vie en orbite.

Les exemples susmentionnés de matériel canadien très perfectionné pour engins spatiaux s’insèrent dans une longue tradition d’innovation qui a débuté au cours de premières années des voyages dans l’espace. Le mât tubulaire télescopique transportable (STEM) de l’inventeur canadien George Klein a été transporté à bord des tout premiers vols habités dans l’espace des programmes américains Mercury et Gemini. Klein, alors à la retraite, était tenu en si grande estime pour sa capacité à résoudre des problèmes de façon créative qu’on lui a demandé de reprendre du service en qualité de consultant principal pour la conception de l’engrenage du Canadarm. Nombre des inventions de ce natif de Hamilton, en Ontario, nous ont aussi aidés sur la Terre : Klein a inventé le fauteuil roulant électrique pour personnes quadriplégiques, et il a dirigé l’équipe qui a conçu le premier réacteur nucléaire canadien durant les années 1940. Il est membre du Panthéon canadien des sciences et du génie.

Le support d’isolation contre les vibrations en microgravité constitue une autre innovation canadienne utilisée dans l’espace et représente un autre exemple de la participation du Canada à la coopération internationale. Ce support, conçu par MPB Communications inc. de Montréal, a été utilisé pour la première fois en 1996 à bord de la station spatiale soviétique MIR pour détecter et neutraliser les vibrations qui se produisent naturellement en microgravité.

Même si la technologie d’imagerie numérique co-inventée par le Canadien Willard Boyle, lauréat d’un prix Nobel, n’est pas une innovation directement liée à l’exploration spatiale, elle est néanmoins présente partout de nos jours, y compris dans nos téléphones cellulaires. Cette technologie sert à capter des images de près et de loin : d’une distance 300 km au-dessus de nous par les astronautes et les cosmonautes à bord de la Station spatiale internationale, et d’aussi loin que des confins du système solaire, que l’on situe à cinq milliards de kilomètres, par la sonde New Horizons qui est passée près de Pluton l’été dernier.

Conclusion

Les initiatives humaines dans l’espace nous ont permis de mieux comprendre notre propre planète, d’apprécier les défis que représente une présence humaine permanente à bord de la Station spatiale internationale, et d’explorer les planètes, les lunes et les comètes dans l’ensemble du système solaire. L’ingéniosité et les innovations canadiennes ont joué des rôles essentiels dans nombre de missions spatiales.

Ce sujet, comme bien des questions abordées dans ce blogue, montre que notre sens de l’innovation est à l’œuvre au Canada. Nous connaissons tous l’histoire d’une personne, d’un lieu, d’une découverte qui a contribué à l’avancement du savoir ou qui est à l’origine d’une invention. Pour souligner le 150e anniversaire du Canada, nous avons créé un livre d’histoires numérique qui nous permettra de recueillir des récits de découvertes canadiennes, que ce soit avant ou après la Confédération, voire de nouvelles découvertes qui sont en ce moment à l’étude. L’histoire des découvertes canadiennes mérite d’être célébrée. Pour raconter votre histoire, il suffit de vous rendre à : InnovationCanada150.ca. Et encouragez vos amis, votre famille et vos collègues à en faire autant.

Sources :

Jelly, Doris H.  Canada: 25 Years in Space, Montréal, Polyscience Publications Inc., 1988.

http://museeaec.techno-science.ca/fr/accueil.php

http://www.friendsofcrc.ca/Projects/Alouette/alouette.html (anglais seulement)

http://www.friendsofcrc.ca/Projects/Hermes/hermes.html (anglais seulement)

http://examenaerospatiale.ca/eic/site/060.nsf/fra/00045.html

http://www.asc-csa.gc.ca/fra/satellites/default.asp

http://www.asc-csa.gc.ca/fra/iss/base-mobile/survol.asp

http://www.herouxdevtek.com/fr-CA/societe/historique-societe